Dans
son texte Je
et tu,
le philosophe Martin Buber désignait
la force relationnelle de l'être
humain comme la véritable
source de tout renouvellement.
Buber identifiait trois domaines dans lesquels ce phénomène se manifeste : dans le lien de l'homme avec la nature, dans sa relation avec les « entités spirituelles » et dans sa cohabitation avec les hommes. Ce n'est que dans cette troisième constellation, la relation avec les autres humains, que la « solidarité entre voir et être vu, reconnaître et être reconnu, aimer et être aimé » est possible.
Céline Martin a placé ce champ de relations interpersonnelles au centre de sa création. Et c'est la prise en compte/la considération de l'autre sous la forme de la sollicitude, du soin et de l'attention qui constitue le point de départ de sa recherche artistique.
Le thème de la sollicitude - le CARE-, qui s'est imposé ces dernières années au cœur des pratiques artistiques contemporaines, est un leitmotiv dans l'œuvre protéiforme de Céline Martin.
Il est étroitement lié à son travail d'éducatrice pour personnes handicapées. Car parallèlement à sa pratique artistique, Céline travaille depuis de nombreuses années dans le foyer Les Papillons blancs à Mulhouse. Il y a près de 10 ans, elle y a créé un atelier afin de permettre aux résidents de pratiquer l'art au quotidien. En outre, elle a réalisé plusieurs projets pour les membres de cet atelier avec l'école d'art de Mulhouse (Le Quai/HEAR) et avec la maison-atelier Le Séchoir.
L'acceptation de la différence et l'ouverture à l'imperfection, deux aspects fondamentaux de la démarche artistique de Céline, résultent de cette longue expérience professionnelle qui a fondamentalement marqué son œuvre : « Travailler avec des personnes handicapées m'a permis de m'affranchir des conventions et des normes dans mon travail artistique, de m'inspirer aussi des accidents, de m'autoriser vraiment le plus de choses possibles dans le processus de création ».
Prendre soin est également le point de départ des travaux que Céline Martin présente aujourd'hui à l'Espace Edith.
L'artiste conçoit cet ensemble d'œuvres, qui ont été créées dans son atelier au cours des derniers mois, comme un hommage à un jardinier et à son jardin.
Il s'agit de son beau-père Pierre dont le jardin est situé à 80 pas de la maison où Céline vit depuis 25 ans avec sa famille, dans le village de Houssen au nord de Colmar.
80 pas pour traverser un pré/une prairie au bout duquel/de laquelle se trouve le potager de Pierre et de sa femme Angèle.
Avec les légumes et les fruits qu'il y cultive, Pierre nourrit et réjouit la famille de Céline et contribue depuis des années à son bien-être.
Buber identifiait trois domaines dans lesquels ce phénomène se manifeste : dans le lien de l'homme avec la nature, dans sa relation avec les « entités spirituelles » et dans sa cohabitation avec les hommes. Ce n'est que dans cette troisième constellation, la relation avec les autres humains, que la « solidarité entre voir et être vu, reconnaître et être reconnu, aimer et être aimé » est possible.
Céline Martin a placé ce champ de relations interpersonnelles au centre de sa création. Et c'est la prise en compte/la considération de l'autre sous la forme de la sollicitude, du soin et de l'attention qui constitue le point de départ de sa recherche artistique.
Le thème de la sollicitude - le CARE-, qui s'est imposé ces dernières années au cœur des pratiques artistiques contemporaines, est un leitmotiv dans l'œuvre protéiforme de Céline Martin.
Il est étroitement lié à son travail d'éducatrice pour personnes handicapées. Car parallèlement à sa pratique artistique, Céline travaille depuis de nombreuses années dans le foyer Les Papillons blancs à Mulhouse. Il y a près de 10 ans, elle y a créé un atelier afin de permettre aux résidents de pratiquer l'art au quotidien. En outre, elle a réalisé plusieurs projets pour les membres de cet atelier avec l'école d'art de Mulhouse (Le Quai/HEAR) et avec la maison-atelier Le Séchoir.
L'acceptation de la différence et l'ouverture à l'imperfection, deux aspects fondamentaux de la démarche artistique de Céline, résultent de cette longue expérience professionnelle qui a fondamentalement marqué son œuvre : « Travailler avec des personnes handicapées m'a permis de m'affranchir des conventions et des normes dans mon travail artistique, de m'inspirer aussi des accidents, de m'autoriser vraiment le plus de choses possibles dans le processus de création ».
Prendre soin est également le point de départ des travaux que Céline Martin présente aujourd'hui à l'Espace Edith.
L'artiste conçoit cet ensemble d'œuvres, qui ont été créées dans son atelier au cours des derniers mois, comme un hommage à un jardinier et à son jardin.
Il s'agit de son beau-père Pierre dont le jardin est situé à 80 pas de la maison où Céline vit depuis 25 ans avec sa famille, dans le village de Houssen au nord de Colmar.
80 pas pour traverser un pré/une prairie au bout duquel/de laquelle se trouve le potager de Pierre et de sa femme Angèle.
Avec les légumes et les fruits qu'il y cultive, Pierre nourrit et réjouit la famille de Céline et contribue depuis des années à son bien-être.
Ce
jardin est la manifestation d’une
approche
prévenante
et intelligente
de la terre et des plantes dites utiles.
Céline conçoit les travaux présentés à l’Espace Edith comme des approches plastiques de ce lieu qui lui est cher.
Dans son jardin, Pierre marque chaque rangée de légumes par un piquet en bois sur lequel il enfonce une bouteille en plastique. Il stocke le surplus de piquets dans un récipient en PVC. Cette « sculpture », composée de matériel agricole fabriqué par ses soins, a inspiré Céline pour son installation située au centre de la petite salle d’exposition.
Les récipients en plastique sont devenus des objets en céramique qui doivent leur forme de bouteille à la rotation sur le plateau tournant. L'artiste façonne cette forme dans des variations sans cesse renouvelées en l'associant à des gestes très libres et intuitives, réalisées en partie avec/à partir de/en travaillant avec/ de la terre boueuse presque liquide, en partie avec de l'argile modulée.
La pratique de Céline s'articule en effet autour de l'émergence de chaque geste qui « nous touche », comme elle le dit, « des gestes naturels et intuitifs » qui sont inscrits en nous depuis l'enfance.
De ce processus de création émergent des formations qui évoquent la végétation et la terre.
Le jardin est un réservoir riche et inépuisable du vivant. Et ce, en toutes saisons. Céline poursuit son observation de cet univers même en hiver, lorsque la terre ne disparaît pas sous les plantes potagères et leurs feuilles.
Elle apprécie particulièrement les mottes de terre et les configurations de branches et de rameaux visibles en ce temps de l’année.
Ces phénomènes naturels ont incité l'artiste à créer la série Entrelacs. D'une grande vivacité et d'une grande fragilité à la fois, ces œuvres témoignent une fois de plus d'une inventivité intuitive dans le processus de création, qui engendre sans cesse de nouvelles créations/apparitions de formes.
Avec son exposition, Céline Martin place le soin que son beau-père apport à sa famille au centre de sa réflexion artistique. L'éthique du CARE voudrait que ces activités de soin, de prise en charge de l’autre, communément associées aux domaines de la famille et à certains secteurs professionnels, notamment dans la santé et l'éducation, soient étendues à l'ensemble de la société comme principes porteurs.
Céline conçoit les travaux présentés à l’Espace Edith comme des approches plastiques de ce lieu qui lui est cher.
Dans son jardin, Pierre marque chaque rangée de légumes par un piquet en bois sur lequel il enfonce une bouteille en plastique. Il stocke le surplus de piquets dans un récipient en PVC. Cette « sculpture », composée de matériel agricole fabriqué par ses soins, a inspiré Céline pour son installation située au centre de la petite salle d’exposition.
Les récipients en plastique sont devenus des objets en céramique qui doivent leur forme de bouteille à la rotation sur le plateau tournant. L'artiste façonne cette forme dans des variations sans cesse renouvelées en l'associant à des gestes très libres et intuitives, réalisées en partie avec/à partir de/en travaillant avec/ de la terre boueuse presque liquide, en partie avec de l'argile modulée.
La pratique de Céline s'articule en effet autour de l'émergence de chaque geste qui « nous touche », comme elle le dit, « des gestes naturels et intuitifs » qui sont inscrits en nous depuis l'enfance.
De ce processus de création émergent des formations qui évoquent la végétation et la terre.
Le jardin est un réservoir riche et inépuisable du vivant. Et ce, en toutes saisons. Céline poursuit son observation de cet univers même en hiver, lorsque la terre ne disparaît pas sous les plantes potagères et leurs feuilles.
Elle apprécie particulièrement les mottes de terre et les configurations de branches et de rameaux visibles en ce temps de l’année.
Ces phénomènes naturels ont incité l'artiste à créer la série Entrelacs. D'une grande vivacité et d'une grande fragilité à la fois, ces œuvres témoignent une fois de plus d'une inventivité intuitive dans le processus de création, qui engendre sans cesse de nouvelles créations/apparitions de formes.
Avec son exposition, Céline Martin place le soin que son beau-père apport à sa famille au centre de sa réflexion artistique. L'éthique du CARE voudrait que ces activités de soin, de prise en charge de l’autre, communément associées aux domaines de la famille et à certains secteurs professionnels, notamment dans la santé et l'éducation, soient étendues à l'ensemble de la société comme principes porteurs.
Selon
la politologue et philosophe américaine
Joan Tronto, à
laquelle
Céline
s'est beaucoup intéressé,
le CAREdésigne
les activités
que nous menons dans le but de préserver
et d'entretenir notre monde. Ce monde comprend nous-mêmes,
nos semblables, la nature, c'est-à-dire
tous les domaines que nous cherchons à
relier
dans un réseau
complexe de soutien à
la
vie.
À travers son œuvre Céline souhaite contribuer à renforcer la perception de ces formes d'engagement extrêmement précieuses et à faire prendre conscience de leur importance et de leur valorisation - car sans elles, notre société ne pourrait pas fonctionner.
Céline tient à remercier toute l'équipe de l'école d'art Edith Maryon pour l'invitation à ce projet à l'Espace Edith. Elle remercie tout particulièrement Nadja Monnet pour son engagement et son accueil chaleureux.
À travers son œuvre Céline souhaite contribuer à renforcer la perception de ces formes d'engagement extrêmement précieuses et à faire prendre conscience de leur importance et de leur valorisation - car sans elles, notre société ne pourrait pas fonctionner.
Céline tient à remercier toute l'équipe de l'école d'art Edith Maryon pour l'invitation à ce projet à l'Espace Edith. Elle remercie tout particulièrement Nadja Monnet pour son engagement et son accueil chaleureux.
Viktoria von der Brüggen, discours prononcé à l'occasion du vernissage de l’exposition Céline Martin : quatre-vingt pas dans l’herbe à l'Espace Edith de l'école d'art Edith Maryon, Fribourg, 1er avril 2023.
Projet à découvrir ici
© 2024 Céline Martin - Tous droits réservés - Mentions légales
Création site internet : Atelier David Allart